Musée de l'Institut du monde arabe


Pèlerin se rendant à La Mecque avec fanions et montures, Égypte, IMA © Cateloy
Informations pratiques
Quand   Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 19h
   Entrée au niveau 7
Combien    Détails des tarifs - 8€ tarif plein / 6€/4€ tarif réduit
 
Du 11 février au 28 août 2016, le billet musée vous donne accès à l'exposition Des trésors à porter. Bijoux et parures du Maghreb.
 
 

Le musée s’inscrit pleinement dans la mission de l’Institut qui est de mieux faire connaître le monde arabe, au-delà des idées reçues et des préjugés. Il a fait l’objet d’un complet réaménagement tant dans son propos que dans sa muséographie et, depuis sa réouverture en février 2012, il convie les visiteurs à découvrir la diversité des cultures du monde arabe, depuis ses origines jusqu’à la période contemporaine.

Un parcours thématique

Sur quatre niveaux (du 7e au 4e étage du bâtiment) et 2400 m2, la présentation instaure un dialogue entre des œuvres et des objets appartenant à des domaines rarement mis en regard : archéologie antique et médiévale, art et artisanat, ethnographie et création contemporaine. Ainsi est soulignée toute la diversité du monde arabe en termes d’ethnies, de langues, de confessions et de traditions culturelles.

En préambule aux cinq thèmes du parcours, une installation de sons et d’images projetées sur des miroirs met le visiteur au cœur de la géographie humaine, physique et linguistique d’un vaste territoire, aujourd’hui constitué par les États réunis au sein de la Ligue arabe. 

  • La genèse d’une identité plurielle (niveaux 7 et 6)

Avec ses populations nomades et sédentaires, la péninsule Arabique qui n’est pas qu’un désert, agit tel un creuset dans lequel se forgent, tout au long du  Ier millénaire av. J.-C., une identité et une culture arabes. L’agriculture dans les montagnes du sud et dans les steppes de l’Arabie centrale, le commerce caravanier et maritime, sans lequel les empires du Monde méditerranéen ne pourraient échanger avec l’Inde, la Chine et l’Afrique orientale, font naître des royaumes prospères qui profitent également du monopole de la production des résines aromatiques. Statues, graffitis rupestres, stèles épigraphiques ou figuratives, bas-reliefs historiés, mobilier du quotidien nomade racontent, au travers d’une palette de codes esthétiques différents, la formation d’une identité qui est moins fondée sur l’ethnie que sur la langue. Cette langue, que la tradition orale a porté à un haut degré de perfection, est donnée à entendre avec la déclamation d’extraits des Mu`allaqât, ces poésies antéislamiques qui véhiculent la vision du monde des Arabes de cette période. Quant aux vestiges les plus anciens connus de l’arabe écrit, ils datent du VIe siècle de l’ère chrétienne et se rencontrent sur des églises en Syrie.

  • Des dieux à Dieu (niveau 6)

Dès la plus haute antiquité, les hommes ont tenté de comprendre et se concilier les forces cosmiques. Au cours des âges, chaque société a élaboré des mythes et des symboles qui rendent compte de sa conception des origines et de l’ordre de l’univers, souvent fondée sur l’observation et l’interprétation de la nature environnante. La Mésopotamie et l’Égypte des pharaons en donnent chacune une lecture et une représentation qui lui est propre, comme le montrent l’iconographie des sceaux-cylindres et celle des amulettes. Ce sont également des préceptes et des rites partagés qui, depuis le IVe millénaire av. J.-C., président aux cultes : la question de la représentation de la figuration de la divinité, la pratique de la prière, les symboles de la lumière et de la vie éternelle, les offrandes et les sacrifices, les pèlerinages ont donné lieu à la production de statues, icônes, mobiliers et objets de foi attestant d’appropriations constantes. Une torah, une bible et un coran témoignent des trois Écritures du monothéisme abrahamique et rappellent que cette foi en un Dieu unique est née dans ce qui est aujourd’hui le monde arabe.

  • Déambuler dans une ville arabe (niveau 4, côté Seine)

Dès le VIIe siècle de l’ère chrétienne, la société musulmane se construit sur différents héritages et al-madîna, la ville, en transcrit dans l’espace son organisation avec des monuments emblématiques. Leur fonction est demeurée pérenne bien que sous des apparences variées entre le Maghreb et le Machrek, et avec une évolution de leur style dans le temps. Le palais est le lieu d’exercice du pouvoir mais également l’atelier des arts où est forgée l’esthétique particulière à chaque dynastie ou époque; la mosquée lui est associée, tandis que l’église et la synagogue réunissent les fidèles des autres confessions qui cohabitent au sein de la cité. Les objets de culte de ces deux religions adoptent à leur tour l’esthétique qui prévaut au lieu et à la période de leur exécution. Jusqu’au XIe siècle, dans la madrasa s’élaborent et se transmettent les savoirs, théoriques aussi bien que pratiques, qui concourent à l’ethos et au développement de la communauté. Des productions matérielles exécutées dans le souk mettent en application certains procédés issus des sciences ; c’est également dans le souk que convergent et sont échangés les produits faisant l’objet d’un commerce à longue distance. Enfin, la ville abrite la demeure de la famille, partagée entre des espaces liés à la vie sociale et d’autres réservés à l’intimité. Le parcours sur ce plateau s’inspire de l’urbanisme de la ville arabe, avec une imbrication de vitrines qui sans cesse ménagent des découvertes sur l’excellence des réalisations intellectuelles (la pensée et les sciences, notamment au travers de manuscrits) et des accomplissements artistiques dans la pierre, le bois, le métal, la céramique, le verre, le textile.

  • Les expressions de la beauté (niveau 4)

Dès l’Antiquité, Grecs et Romains se sont posé la question de ce qui est beau et, à partir de la Renaissance, alors que l’Europe ne se définissait pas encore comme telle, la beauté dans les arts plastiques a été théorisée. Des penseurs-philosophes, puis des « critiques », sans parler des praticiens eux-mêmes (peintres, sculpteurs…) ont débattu et écrit à son sujet. Il n’y a pas d’équivalence dans ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler « les arts de l’Islam », un concept établi par l’Occident en lien avec son appétence pour « l’Orient » depuis le XIXe siècle. Sauf pour la calligraphie, c’est-à-dire l’art du bel écrit qui, à l’aube du VIIIe siècle, devient une forme esthétique en soi, justifiée par l’acte de piété que constitue la copie de la parole de Dieu, le Coran, dans une écriture harmonieuse. Au fil des siècles, une multitude de traités normatifs vont préciser comment tracer en belles lettres, en tous formats et sur tous supports, des textes et des inscriptions aussi bien religieuses que profanes. Artistes et artisans – il n’existe en effet pas de distinction jusqu’au XXe siècle – convient tout un chacun à une expérience sensible du beau en créant, quel que soit l’objet et son utilité, des espaces où se combinent le matériau, le motif, la couleur, la proportion et l’harmonie. Lorsqu’il s’agit des beautés de la Création (l’islam interdit seulement l’image dans les édifices religieux et leur mobilier), flore, faune et êtres humains, mais aussi le merveilleux et le fantastique, sont traités sur le mode « idéalisant » plutôt que « naturaliste », avec un rendu davantage bidimensionnel, sans ombre, volume ou profondeur. Les treize vitrines de cette section invitent à scruter des pièces modestes ou des œuvres sophistiquées qui témoignent de ces principes.

  • Le corps ou la relation à soi et à l’Autre (niveau 4, côté parvis)

Le parcours aborde ensuite la relation que chacun entretient avec son corps et avec l’Autre. Une première vitrine s’attache à la question du voile, rappelant que depuis l’Antiquité, sur le pourtour méditerranéen et au Moyen-Orient, celui-ci n’est pas un marqueur religieux comme les débats actuels le font trop souvent penser, à tort. Le voile ne se résume pas au seul hijab et il n’est pas réservé qu’aux femmes, comme en atteste le voile d’un homme touareg exposé. Le soin que l’on porte à son corps, que la Tradition musulmane dit être un prêt de Dieu, relève à la fois de l’hygiène pour la conservation d’une bonne santé, et de la purification pour les croyants. Ce soin se dispensait communément au hammam, qui jouait également un rôle social. Une installation met en scène les objets et les produits utilisés au bain dans une ambiance sonore qui en restitue les étapes et les échanges. L’hospitalité est quant à elle pratiquée et célébrée d’une manière constante dans les sociétés arabes jusqu’à nos jours. Elle appartient au code de l’honneur et s’apparente à la solidarité familiale ou religieuse. Les pièces réunies sur la table du festin rappellent que le partage du repas est l’expression la plus manifeste de cette hospitalité qui conduit aussi à divertir son hôte avec de la poésie et de la musique, véritables piliers de la culture arabe dès avant l’Islam. Ainsi, le parcours du musée s’achève avec une sensibilisation aux musiques arabes, savantes et populaires.

 

Au sein des collections (niveau 5), un espace est réservé pour des expositions temporaires, avec une programmation biannuelle.

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