Prix de la littérature arabe


en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère
© Stéphanie Lacombe pour la Fondation Jean-Luc Lagardère et l’IMA

Créé en 2013 par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l'Institut du monde arabe, le Prix de la Littérature arabe récompense un écrivain, ressortissant d’un pays membre de la Ligue Arabe et auteur d’un ouvrage publié – roman, recueil de nouvelles ou de poèmes –, écrit en français ou traduit de l’arabe vers le français, portant sur le thème de la jeunesse arabe. Il est doté d’un montant de 10 000 euros.

 

Cette année, un comité de sélection s’est penché sur les ouvrages publiés entre le 30 mai 2013 et le 30 juin 2014.

Lauréat 2014 : Mohammed al-Fakharany pour son roman La Traversée du K.-O. (Seuil)

Mohamed al-Fakharany est né en 1975 en Égypte et vit aujourd'hui au Caire. Il se fait d'abord connaître comme nouvelliste, avec un recueil intitulé Fille de la nuit (2002), suivi de Avant que la mer sache son nom (2010) et de Récits jouant avec le monde (2011). Ce dernier titre lui a valu de recevoir en 2012 le Prix Youssef Idriss de la nouvelle. Mais c'est surtout avec son premier roman Fâsil li-d-dahsha paru en Égypte en 2007 (et en France en 2014 sous le titre de La traversée du K.-O.), qu'il s'impose comme l'une des voix les plus audacieuses de sa génération.

Plongée vertigineuse dans le quotidien, les rêves et les désillusions des habitants d’un bidonville situé à la périphérie du Caire, La Traversée du K.-O. est un roman qui ne recule devant rien. À travers ce récit d’une grande inventivité formelle, au réalisme brutal, Mohamed al-Fakharany donne à voir la vérité toute nue de ces territoires invisibles où la vie impose toute sa violence aux individus.

Sa vision de l’écriture est illustrée par ces quelques mots : « Qu’est ce qui est apparu le premier : l’Homme ou le conte ? Personne ne le sait. Mais ce qui est certain, c’est que l’Homme n’existe sans le conte, ni le conte sans l’Homme. L’écriture est le plus beau et honnête moyen de raconter l’existence, de l’inventer. »

Mention spéciale du jury 2014 : Rosa Yassin Hassan pour son roman Les Gardiens de l’air (Sindbad / Actes Sud). 

Née à Damas en 1974, Rosa Yassin Hassan a fait des études d'architecture avant de travailler comme journaliste. Elle s’initie à l’écriture durant ses études universitaires. Figure de l'opposition laïque de gauche, elle a animé l'Association féministe des Femmes pour la Démocratie. Elle est l'auteur d'un recueil de nouvelles (Un Ciel coloré de lumière, 2000), de trois romans (Ébène, 2004 ; Les Gardiens de l'air, 2009 et Épreuve, 2011) et d'un récit (Négatif, 2008). Les Gardiens de l’air est son premier texte traduit en français.

Anat Ismaïl travaille à l’ambassade du Canada à Damas comme traductrice-interprète. En attendant la libération de son compagnon, Jawad, jeté en prison pour appartenance à une organisation communiste clandestine, elle s’efforce de lui rester fidèle, en dépit de la solitude et de la frustration.

Pourquoi Rosa Yassin Hassan écrit-elle ? « Puisque l’écriture est le désir de se partager avec l’autre et que les femmes sont la manifestation la plus étendue et la plus neutralisée de la marge, j’ai toujours écrit sur les femmes ou à travers des femmes, comme pour projeter la lumière sur le côté obscure, ou se plonger dans des mondes encore inconnus dans la marge de l’écriture. Il s’agit simplement d’une invitation à passer de la passivité à l’action, en racontant les histoires de ces femmes à travers leurs yeux. »

> Télécharger le règlement du Prix

 

Lauréat 2013 : Jabbour Douaihy pour son roman Saint Georges regardait ailleurs (Editions Actes Sud / Sindbad). Traduit de l’arabe (Liban) par Stéphanie Dujols.

 

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